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Sainte-Marie-aux-Mines: mes coups de coeur

01-03-2026

C’était ma 23ème visite au Carrefour européen du patchwork et j’étais impatiente car on fêtait la 30ème édition.

Je voudrais vous présenter 3 expositions, trois artistes qui ont retenu mon attention.

La brésilienne Fabia Diniz à l’église de Rombach, présentait exclusivement des ‘wholeclothes’ qui  mettaient en valeur sa grande maîtrise du piqué libre qu’elle pratique depuis 15 ans. Ces travaux d’une grande finesse et d’une parfaite élégance peuvent s’intégrer dans tout projet de décoration, en particulier dans les intérieurs de style. J’ai eu l’occasion de lui poser quelques questions. Tous les modèles présentés ont été réalisés sur une machine à coudre ordinaire. Elle vient seulement d’acquérir une machine ‘longarm’, pour répondre à la demande, je suppose.

La deuxième artiste est l’allemande Ulla Hoppe à l’espace Raymond Hestin à Rombach. Voilà une personne qui ne manque ni d’imagination , ni d’humour. Elle travaille avant tout la broderie mais comme le dit l’intitulé de son site, elle pratique les trois : coudre, broder, quilter. J’ai beaucoup aimé ‘Le baiser de la femme araignée’, souvenir d’un très beau film des années 80. J’ai aussi repéré une broderie intégrant des circuits imprimés, qui aurait pu figurer dans le concours ‘Avant-garde’ n’étaient ses dimensions, et pour l’humour encore, le portrait d’un vieil homme affublé de véritables appareils auditifs.

La troisième artiste dans le tableau de mes préférences est l’italo-américaine Mattea Jurin. Son œuvre : ‘le meilleur des mondes : biotechnologie cellulaire quantique,’ participait au concours. Son travail est techniquement impeccable mais c’est l’explication qu’elle en donne qui m’a interpelée :  ‘2055, la médecine ne soigne plus – elle brode des génomes dans des circuits conçus. Les cellules forment un tissu biotechnologique aux organes tissés par l’IA et aux membranes cousues quantiquement. L’évolution s’est arrêtée – l’humanité tisse désormais son propre code dans la tapisserie post-humaine’ .

A mon avis, cette œuvre se rapprochait le plus du thème mais c’est effrayant. Le patchwork quitte ici le domaine du délassement pour celui de la réflexion et l’art textile devient un moyen d’expression, un Art avec un grand A . Mattea Jurin a eu droit à une exposition personnelle, éclectique et très belle. Elle y montre à nouveau son implication sociétale, notamment dans une œuvre parlant d’un féminicide.

2025, une année qui n’a pas vraiment apporté de nouveautés mais qui nous a tout de même offert quelques pépites. A l’année prochaine ?

Simone Jérôme